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Frédéric Choffat : "Ce qui doit éclore..."

Un dispositif intimiste, des nuits en huis-clos, le réalisateur évoque dans cette "note d'intention" le dispositif qui lui a permis d'explorer la "fragilité de l'être" dans La Vraie vie est ailleurs.

"La vraie vie est-elle ailleurs ? En partant de cette fausse citation de Rimbaud, c’est un certain rapport au réel que j’ai souhaité aborder dans ce film.Car c’est une question qui me poursuit, film après film, celle de savoir comment les êtres s’arrangent avec leur vie, avec leur quotidien, avec leur réel.

En confrontant chaque fois le personnage principal, le temps d’une longue nuit, à un autre personnage qui va marquer, par sa simple présence, la faille en l’autre, j’ai tenté de mettre en place un mode de narration permettant d’explorer cette fragilité de l’être.

C’est pourquoi j’ai choisi de travailler pour ce film à partir d’une structure dramatique non scénarisée avec la complicité d’une équipe réduite à son minimum. Ainsi pour chaque tournage, l’attention est concentrée sur le face-à-face entre les deux personnages, sur ce qui doit encore éclore.

En tournant essentiellement de nuit, à huis clos, en respectant la temporalité de l’histoire, nous avons pu laisser surgir tous ces gestes infimes, ces non-dits, ces riens qui font vivre les relations avant même qu’elles existent.Dès lors, nous sommes sans presque rien savoir d’eux au cœur de leur interrogation, à ce moment de crise où tout pourrait basculer, et où finalement seul le regard change, permettant de poursuivre la vie, mais avec une autre dimension.

Ainsi chaque voyage est devenu le lieu d’une expérimentation, jouant avec les notions de drame, de comédie, de romantisme, mais aussi avec l’histoire de chacun, comme contrepoint aux histoires des personnages.

Enfin, le processus a trouvé son accomplissement au montage où l’entremêlement des trois histoires donne lieu à ce décryptage de l’intime."

Frédéric Choffat

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