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Pacte d'enfance et révolutions

Comment le quatrième film de Robert Guédiguian fait référence à la Bible, à Jean Renoir et à la Révolution française...

En 1989, alors qu’il ne parvient pas à monter un projet de farce intitulé Notre Dame de la Garde, Robert Guédiguian reprend la trame de Ki lo sa ?, celle des retrouvailles, pour réaliser ce quatrième film qui semble «ni tout à fait le même ni tout à fait un autre».

Les thèmes de l’enfance inconsolable, du rêve égalitaire, et de la trahison sont ici approfondis et le contexte «historique» des fêtes du bicentenaire de 1789 apporte un contrepoint ironique et cruel – il n’y a plus guère de révolutions, à peine de révoltes ! Dieu vomit les tièdes est tourné entièrement à Martigues, à quelques kilomètres de Marseille, et en grande partie sous le magnifique pont tournant bordant l’Etang de Berre que l’on voit dans Toni de Jean Renoir, l’un des films préférés de Robert Guédiguian, celui qu’il considère comme «le plus marseillais» d’entre tous.

Les scènes où Cochise (Jean-Pierre Darroussin) se balade au milieu de la foule en liesse ont été «volées» par une équipe légère lors des cérémonies commémoratives de la Révolution Française.

Cochise, Tirelire, Frisé et Quatre-œil sont des adultes liés par un pacte d’enfance, celui de devenir «tous riches sans être capitalistes» et ce rêve impossible leur colle à la peau comme un regret tenace : la noirceur affichée résiste même à l’engagement amoureux et à l’espoir d’un bébé à naître. Le titre s’inspire d’un verset de la Bible –«Ainsi parce que tu n’es ni froid, ni bouillant, je te vomirai de ma bouche»…

 

Isabelle Danel

 

 

 

 

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